Communicationresponsable.fr en vacances… pas le greenwashing !

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Ces derniers jours, l’activité du site était… comment dire… inexistante, pour cause de vacances bien méritées. Seulement voilà, le greenwashing, lui, ne prend pas de vacances. Cet été, il aura fait l’objet d’un cas pratique, et d’une enquête.

Cas pratique : l’éco-autoroute

Le 8 juin dernier était inaugurée en grande pompe l’A19, construite par Vinci. 101 kilomètres entre Artenay et Courtenay (dans le Loiret), pour la coquette somme de 830 millions d’euros. Un bilan environnemental rapide ? Des bassins de traitement des eaux de ruissellement, des passages pour animaux sauvages et 200 000 arbres plantés ; pas grand-chose qui aille au-delà des obligations légales. Et surtout, cela reste une bonne vieille autoroute, avec un trafic prévu de 8 à 9 000 véhicules par jour, dont 20 % de poids lourds. Un « facilitateur de pollution », dirais-je.

Pas de quoi crier à la révolution verte ? Vous l’aviez rêvé, Vinci l’a fait ! En deux temps : d’abord, appeler ça « éco-autoroute », et même la première éco-autoroute de France. Les arguments : « c’est une nouvelle génération d’autoroute plus responsable dans le respect de l’environnement et la relation avec ses clients, (…) plus conviviale vis-à-vis des territoires qu’elle traverse », tambourine le communiqué de presse. Alors là, si l’A19 est conviviale vis-à-vis des territoires, je ne peux qu’applaudir des deux mains.

Second temps, organiser un événementiel, une avant-première… réservée aux piétons, vélos, rollers. Tiens, chérie, si on allait pique-niquer sur l’autoroute avec les enfants ? Ça sera l’occasion de découvrir la nature… Je vous recommande au passage le visuel concocté pour l’invitation, avec des ballons et des trompettes. Oui, des trompettes.

Bref, cette opération est un foutage de gueule particulièrement abouti. D’ailleurs, les assos écolos ne l’ont pas loupé, tout comme les sites spécialisés. Vinci peut parfaitement communiquer sur cette inauguration ; par contre, la jouer un peu plus discrète, un peu plus classique, aurait évité de s’attirer les foudres d’une bonne partie de la population.

Enquête : les Français et le greenwashing

Le greenwashing était le thème d’un sondage en ligne, organisé par l’excellent site Euro-vote.com. Principe du site : l’institut de sondage reverse 10 % de son CA à des projets associatifs choisis par les votants.

Résultats de l’enquête : 71 % considèrent qu’il est indispensable pour les marques de tenir un discours vert, 68 % qu’ils sont sensibles à ces messages, et 74 % que les pubs vertes sont une raison supplémentaire de choisir le produit… mais 90 % souhaitent que les arguments écologiques soient agréés par un organisme indépendant.

Cette enquête a beaucoup fait parler d’elle, que ce soit sur Neo-Planète, Mediaterre, ou les agences id-pop et Inoxia. Qu’est-ce que j’en pense ? Qu’il faut prendre ces chiffres avec des pincettes. Une grande majorité des participants a répondu au sondage par intérêt pour le sujet, et en avait déjà une bonne connaissance. Population non représentative !

Crédit photo : Ibolla, sur Flickr, image mise à disposition sous un contrat Creative Commons by.

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