Revue de web #17

C’est vendredi, alors on va se la jouer un peu plus léger, avec le retour de ma revue de web. Après un mois d’absence, les articles intéressants ne manquent pas. Mais pour lundi, promis, je vous mitonne un article de derrière les fagots, pour tous ceux qui n’ont jamais rien compris à l’auto-régulation publicitaire…

Côté com

Un visuel superbe de force et de simplicité.
McDo et développement durable : stratégie ou greenwashing ? Une seule remarque : l’interview ne parle pas de développement durable, mais juste de viande. C’est toute la force du greenwashing : les mesures alibis sont élaborées, structurées, argumentées.
Cosmétiques bio : de nouvelles règles pour éviter le greenwashing. Ces règles sont-elles obligatoires ? Non !
Un petit peu de step ? (Drôle et discret, tout pour me plaire)
Êtes-vous plutôt Nespresso ou Bodum ? Moi c’est Bodum à 100 %.
Community management : l’interaction, c’est dur (pour certains) ! ! !
Phénix d’or 2010 de l’UDA : Michel & Augustin. D’habitude, je me fous royalement des prix, mais celui-là est particulier. Il récompense une créa faite en interne ; pas d’agence, même pas de service com ! Classe…
– Après The Story of Stuff, The Story of Bottled Water (via J.S. Trudel). 8 minutes, juste 8 minutes pour changer votre perspective.
– Retour aux définitions : éthique vs. déontologie.
Rumeur sur un partenariat
La vérité est dans le produit (alors, je ne suis pas seul au monde ? ;) ).
Le concours Coca-Cola du design durable. Je l’ai vu, c’est un gros greenwashing, il fait quatre mètres de long ! ! !
Orangina a la tête en bas (wow, ça cartonne sur Neoplanète).

Côté DD & co

Une liste des fruits et légumes les moins pollués.
Au salon de Genève, une Ferrari verte. Si, si, verte, puisqu’on vous le dit !
– Toujours au salon de Genève, une action originale contre le greenwashing.
Lessive 100 % bio : une première en Belgique. J’aimerais y croire, mais j’attends plus de preuves !
« Les écolos ne savent pas communiquer ». Rien à ajouter.
Tassement de l’éolien en France en 2009.
Une pale s’envole, le plus grand parc éolien d’Europe stoppe. En Écosse, pas de tassement…
Les entreprises ne renient pas leurs engagements développement durable et attendent des retombées d’image (le beurre et l’argent du beurre, quoi).
Les marchés carbone, ou comment gagner des millions grâce à la pollution.
Nestlé change d’huile de palme, enfin presque…
Effet de serre : les pâturages piègent aussi le carbone. Alors, on plante des pâtures ?

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8 comments on “Revue de web #17
    • Salut !

      Bon, je vais devoir mettre les pieds dans le plat. Neoplanète, dans les sites parlant de développement durable, c’est un peu le repère du greenwashing et du superficiel. Pas tout le temps, mais ils ont quand même une tendance à relayer complaisamment tout ce qui parle de vert, sans chercher à voir plus loin que l’annonce. Le tout dans un ton « sauvons la planète (mais sans trop changer nos habitudes) ».

      Alors, les voir se lancer dans une attaque (au demeurant justifiée) contre un événementiel d’Orangina, ça surprend un peu. J’applaudis des deux mains, mais j’applaudirai encore plus fort quand ils en feront de même pour un événementiel de Coca. Pour rappel Orangina est un concurrent direct de Coca, avec qui ils organisent en ce moment même une opération (voir la ligne juste au-dessus dans l’article).

      Voilà, j’espère avoir apporté une réponse franche et claire…

      • Bonjour
        Toujours facile de faire la morale notamment concernant le fameux greenwashing.!
        3 réponses:

        1- Néoplanète n’est pas un repère du « greenwashing et du superficiel » mais un magazine gratuit pour donner de l’information à tous et de façon démocratique (quand d’autres vendent des magazine à 5euros ce que tout le monde ne peut pas s’offrir), un site avec de l’info chaque jour et une web radio. Tout ça pour expliquer que nous bossons comme des fous (avec de vrais enquêtes et pas que du « superficiel »), et nous faisons de multiples articles sur le changement d’habitude, contrairement à ce que vous dites

        2-Du coup, comment payer les salariés? Par de la pub ou de la rubrique sponsorisée, comme tous les médias, toutes les radios, les tv, les magazines qui doivent bien vivre, à part Le canard enchaîné et quelques rares exceptions. Et justement, plutôt que des pubs qui ne veulent rien dire, qui mentent parfois, il est plus intéressant d’aider des marques à évoluer avec leur époque, avec du contenu. Nous ne « relayons pas complaisamment  » ce qui parle de vert mais nous l’encourageons car tout progrès, toute sensibilité est intéressante et va permettre de faire changer les habitudes. Chez Coca-cola, ils s’intéressent au recyclage, et y travaillent réellement d’où l’idée de ce concours. Aller voir des jeunes et leur dire « faites du beau avec du recyclage  » pour changer les mentalités et une marque comme Coca vous donnera de l’argent pour tenter de réussir votre carrière de designer, c’est du greenwashing? Vous plaisantez! L’opération Orangina, elle, n’avait aucun sens, elle était stupide et démodée dans une époque en manque de sens

        3-Enfin, il y a deux façons de défendre la planète: critiquer, moraliser, s’enfermer dans un militantisme courageux mais à mon sens borné et donc irréaliste. Ou faire évoluer les choses, accompagner ceux qui ont le pouvoir de les faire évoluer (politiques, entreprises, associations), aider les gens à mieux comprendre et à modifier en douceur leur comportement. C’est le choix de Néoplanète. Et j’en suis fière!
        Yolaine de la Bigne

        • Bonsoir Yolaine, je suis ravi que vous veniez défendre votre projet ici. J’adore le dialogue, la confrontation… de points de vue, les remises en question. En ce qui concerne Néoplanète, pas de bol, vous êtes un peu ma tête de turc. Je ne retire pas une virgule de ce que j’ai pu en dire.

          Et puisque vous me faites l’honneur d’un commentaire fourni, structuré, je vais le respecter et y répondre point par point.
          1- Démocratique ? Un bien grand mot pour dire gratuit (et qui peut faire croire à des valeurs qui ne sont pas présentes)… Et franchement, les 5 € (4,90) pour Terra Eco, si c’est celui que vous avez en tête, je les dépense le cœur léger, et j’en connais pas mal qui, malgré le peu de profondeur de leur porte-monnaie, sont dans le même cas. Terra Eco est un excellent exemple : ils font du contenu de qualité, fouillé, les infos sont analysées, disséquées, contextualisées, critiquées. Et pourtant il s’adresse à tout le monde. Quelques pratiques contestables demeurent, mais leur succès est amplement mérité. Les articles de qualité chez Néoplanète, qui vont au-delà de la simple reprise des arguments des communiqués de presse (c’est cela, « relayer complaisamment »), et qui ne brossent pas systématiquement dans le sens du poil ? Ils sont minoritaires, et encore je suis clément. On fait le décompte quand vous voulez.

          2- J’ai un peu l’impression que vous prenez pour excuse votre mauvais modèle économique. Ben oui, vous voyez, nous sommes obligés de nous vendre aux entreprises, d’être complaisants, « faut bien vivre » ! Eh bien non, vous avez fait un choix parmi d’autres, assumez-en les conséquences. Regardez Terra Eco, leur mix payant/pub et leur charte publicitaire, il y a des débordements de temps en temps mais c’est cohérent et ils gardent une indépendance éditoriale satisfaisante. En comparaison, Néoplanète n’a ni publicités de qualité (elles sont rares, on fait la liste des incohérences ?) ni indépendance éditoriale. Au passage, je tiens à signaler la différence de standard entre le magazine et le web, à la nette défaveur de ce dernier. C’est là encore un choix contestable.
          Quant à l’opération Coca-Cola, je ne sais que dire. De vous réveiller un peu ? D’arrêter de jouer la comédie ? Je suis votre travail depuis de nombreuses années, je vous reconnais une grande intelligence, un grand professionnalisme. Il m’est inconcevable que vous pensiez réellement ce que vous écrivez. Pour que ce soit clair, je vais détailler le mécanisme de cette opération : Coca est une marque qui a à peu près tout faux sur les 3 piliers du développement durable (environnement : production exponentielle d’un tord-boyaux indissociable de la malbouffe, fait avec une eau souvent surexploitée, le tout dans des contenants anti-écolo (pétrole ou acier) sans plan de recyclage efficace ; social : là j’avoue ma méconnaissance de cet aspect pour Coca ; économique : impérialisme et mépris des populations où Coca implante ses usines), c’est une entreprise du siècle précédent. Plus de précisions… sur Terra Eco. Mais comme tout le monde, Coca se revendique du DD. Comment ? En changeant son modèle d’entreprise du tout au tout, comme le voudraient les 3 piliers ? Impossible, l’entreprise mourrait instantanément. Alors, ils font comme ils peuvent, c’est-à-dire des petites mesures annexes et si possible visibles. Le concours du « design durable » (appellation dénuée de sens, serait-ce un indice ?) est justement hors de l’entreprise. Coca n’a rien à voir avec, ils ne font rien d’autre que mettre de l’argent sur la table. Un peu d’argent. 5 000 € pour lancer une carrière, ça ne va pas aller bien loin. Ils en dépenseront sans doute beaucoup plus en pub. Le concours vise à donner l’impression d’un engagement de la marque dans le recyclage, ce qui avec cette opération est totalement erroné. Second but, associer des idées artistiques avec les bouteilles ou canettes, alors que cette utilisation est infinitésimale, dans le but de tromper sur la destination des déchets de Coca. Le gros de la troupe soit va dans la nature, soit son recyclage est envisageable selon le tri et ce qui aura été mis en place par les collectivités (car c’est la collectivité qui hérite des déchets de Coca). Ce concours, c’est du bidon. 100 % poudre aux yeux. « C’est un gros greenwashing, il fait quatre mètres de long », disais-je. J’espère vous en avoir fait la démonstration, tout en étant parfaitement conscient que je ne vous apprends rien.

          3- Regardez les mots que vous employez. « Défendre la planète ». Comme c’est touchant, on se croirait dans un épisode des Bisounours. Et après, vous vous dévoilez en parlant de pouvoir. Joli, le grand écart ! Je critique, c’est vrai. Mais je critique en bien comme en mal. Par exemple, je suis un fidèle de la chronique d’Alice Audouin, ou du geste d’Ecolo[geek], qui proposent des réflexions un peu plus profondes. Je le dis, comme tout ce que vous venez de lire, parce que j’en suis convaincu, et que je pense avoir suffisamment de faits à l’appui. Parce que je pense que les changements ne viennent pas en faisant des compromis tellement gros qu’ils empêchent d’ouvrir les yeux. Que la réflexion et la profondeur sont les meilleures armes. Que la cohérence est indispensable, qu’il y aura suffisamment de limites qui vont être imposées par les autres pour qu’on ne veuille s’en imposer soi-même. Est-ce que Néoplanète fait vraiment avancer les choses ? Je n’en ai pas l’impression. Ce magazine donne l’impression que l’écologie est une affaire superficielle, qu’il suffit de quelques menus ajustements pour avoir bonne conscience (car c’est le but).

          Je serais moralisateur, borné, enfermé ? Absolument pas. Remarquez que je nuance toujours mes propos. Je veux juste vous faire prendre conscience de vos contradictions, et vous amener à un changement qui vous serait bénéfique. Pour cela, il faut avoir la franchise de dire les choses. Avec moi, les portes ne sont jamais fermées. Discutons ensemble, quand vous voulez. Je viendrai toujours avec mon sourire et mon exigence.

          Mon attitude, je l’ai retrouvée dans le film magnifique de Coline Serreau. Elle tire des constats durs, directs, sans fard, mais ensuite il y a toujours des solutions, qui si l’on veut bien s’en imposer la discipline et la profondeur, apportent un bonheur (oui, un bonheur !) et une satisfaction intenses et réels. J’avoue être plus « Herbe » que « Home ». Bravo à vous si vous réussissez à initier le changement que vous appelez de vos vœux, de mon côté je crois avoir déjà des preuves de ma modeste démarche.

          Comme je suis en train d’écrire cette réponse, je vois apparaître sur Néoplanète un article au titre évocateur : « Faire son shopping sur internet, ça respecte la planète », avec un contenu pas vraiment plus développé que cela. Conclusion parfaite.

  1. Bonjour !
    très intéressant le lien vers la note de Cyrille Chaudoit sur Mc Do et le développement durable… ça me donne des idées pour un troisième volet de la pause café après Bodum et Nespresso.
    Belle fin de journée

    • Merci ! L’interview est un peu longuette, il faut pouvoir se coller devant l’écran 50 minutes juste pour ça, mais c’est très instructif. J’attends la troisième pause café avec impatience et intérêt…

  2. Bonjour,

    Je crois qu’il y a beaucoup plus de façons (que deux – parce que quand même ça fait pas beaucoup) de « défendre la planète », et qu’en plus, on ne la « défend » pas (je partage l’appellation bisounours de Yonnel – « Tu fais quoi dans la vie ? – Je défends la planète » – je pouffe), mais on exerce moins de « pression » sur elle. La vision manichéenne de ceux qui voit encore le champ des possibles à travers le prisme du « soit – soit » persiste. Et certains de dire,  » l’autre est borné et irréaliste », « il est moralisateur et critique ». La morale a du bon. Elle pose des limites. Si vous insultez quelqu’un et que l’on vous dit, tu ne devrais pas l’insulter, nous sommes dans la morale. Un jugement extérieur vous pose des limites parce que quelqu’un y voit une mauvaise façon de faire, ou une injustice, ou autre, et IL LE DIT. Et c’est vrai que ça manque la morale. Chacun veut faire ce qu’il veut, sans penser aux conséquences. Cette morale manque parce qu’il n’y a plus d’intérêt à agir pour la collectivité, pour l’intérêt général. Et c’est dommage.
    Je dois vous dire. Ma morale, je l’adore ! Je m’en délecte et j’en rigole.

    Il est toujours plus facile de traiter l’autre de borné quand celui ci critique la compromission entre écologie et soi-disante entreprise citoyenne. Appliquer l’écologie c’est faire des concessions, être plus sobre (tiens, la morale chrétienne bien oubliée) dans sa façon de vivre. Hé oui, il va falloir l’accepter. Et je finirai sur ce dernier beau fleuron de la rhétorique moderne : un 4×4 hybride, un voyage en avion compensé carbone, c’est du pipi de chat qui sent pas bon.

    Sebastien

    • Allons, allons, Sébastien… du « pipi de chat », tu commets des écarts de langage. C’est vrai, quoi, bordel. 😉

      Je n’ai pas grand-chose à ajouter. Je rêve juste d’un Néoplanète qui, sous la maigre pression que nous essayons de mettre, décide de changer sa « ligne éditoriale » pour valoriser la qualité, au prix de remises en question plus poussées du tout économique. Hier soir j’étais à une conférence à Lille avec des entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire. Tous disaient que leur modèle économique était un chantier permanent, mais que quand on cherchait, il était possible de trouver un équilibre financier permettant de préserver les valeurs du développement durable et l’utilité sociétale du projet. Bref, être un média éthique qui parle du DD ou d’écologie, ça doit bien être possible.

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