Revue de web #26

Trois semaines d’actu, passées à ma moulinette. Une moulinette qui ne donne pas une purée uniforme, mais des pépites du web bien savoureuses, de quoi vous donner de saines lectures pour le week-end. Où l’on évoque pêle-mêle les licences Creative Commons, l’actu du greenwashing et de l’auto-régulation, quelques tendances de la communication, le whisky et HTML5, Dominique Baudis et le greenbranching. Roll on now.

Côté com

– Un dossier brillant intitulé Marketing et développement durable : transformation ou récupération ?, que l’on trouve sur le site du Mercator/Publicitor. Brillant tout court, et parce que c’est une évolution notable dans leur approche. À conseiller à tous, novices ou experts, convaincus ou réfractaires.

– C’est nouveau, ça vient de sortir : le greenbranching. Absolument.

YouTube fait un pas vers les licences Creative Commons : une seule licence (by) pour l’instant. Il était temps de se rendre compte que les Creative Commons sont un bon compromis entre la viralité du web et les droits des créateurs de contenu. Un bon boost pour la culture libriste, espérons-le !

– Sur le front du Greenwashing, toujours autant de cas : Quiksilver et Roxy, L’eau de tous par Patagonia, le gouvernement français, et même le greenwashing à la sauce belge !

– Quelques mots de l’ARPP, notre bien-aimée autorité d’auto-régulation à la française. Vous n’êtes pas sans savoir que son président actuel, Dominique Baudis, sera prochainement nommé Défenseur des droits. Exit donc Baudis, un bilan de ses huit mois de présidence s’impose. Huit mois c’est très court. Qui plus est, huit mois à temps partiel, M. Baudis étant également Président de l’Institut du monde arabe et député européen, deux autres missions qui mériteraient chacune un temps plein. Premier défaut donc de l’ère Baudis, on ne peut pas dire qu’il fut des plus actifs (mais peut-être était-ce ce que l’on voulait qu’il soit). J’en veux pour preuve son discours d’ouverture de l’AG 2011, remarquable de vacuité et de banalités. Second défaut, malgré l’insistance sur le terme « indépendance » dans le rapport d’activité 2010, justement l’ARPP n’était pas un modèle d’indépendance sous l’ère Baudis. Pourquoi diable aller mettre un homme politique à la tête de l’autorité d’auto-régulation de la publicité ? N’est-ce pas un signe déplorable, prêtant le flanc aux critiques de « tous dans le même panier » (de crabes) ? Quelle meilleure preuve de l’interconnexion entre la défense de la publicité triomphante et le conservatisme politique ? La page Baudis se referme donc sans tambours ni trompettes, reste à savoir qui sera son successeur.

– Tribune : Why Eco-Innovation is the Best Response to Greenwashing. En phase avec toute la partie éco-innovation, je suis plus réservé sur l’appel à l’auto-régulation. Mais si j’ai des demandes, je traduirai volontiers cet article !

En vrac, axé pratique :

10 conseils pratiques pour animer votre espace presse online
– Vous connaissez Panda ? From Google ? Cet animal a pour particularité de générer de nombreux tremblements chez les experts SEO… Anticipation, appréhension
– Les possibilités du HTML5 commencent à être comprises. Dans les premiers à s’y mettre, le Financial Times a décidé de se passer d’app pour iPad, iPhone ou Android. Du coup, la question se pose : la technologie HTML5 est-elle l’avenir de la presse sur mobile ?
Une super idée d’optimisation de Twitter, par plusieurs entreprises du commerce équitable. Quand il y en a un (ou quelques-uns) ça va, mais c’est quand tout le monde va le faire qu’il y aura des problèmes… et que ça n’aura plus aucun intérêt (dérivé d’un proverbe auvergnat tombé en désuétude).

Côté DD & co

Green IT :

Les taux de recyclage des métaux sont très en-dessous de leur potentiel, comme par exemple pour les ordinateurs, avec 7 ordinateurs sur 10 qui ne sont pas recyclés. Et pourtant, ce n’est pas un bon axe de communication. Juste le minimum du minimum.

– Deux réflexions désordonnées mais passionnantes : une sur les smart grids et la seconde sur les relations passionnées entre open source et développement durable.

Produits :

Des grandes marques disent au-revoir au packaging superflu. Comme dit l’article, « apparemment, plus à cause du prix du pétrole que de quelque démarche environnementale que ce soit, mais on prend. »

Un téléphone recyclé, qui ne fait que téléphone et sms, j’en connais deux ou trois qui vont sauter dessus !

Le label écologique européen s’applique maintenant aux PC portables. Encore un label.

Autres sujets dignes d’intérêt :

Les sigles de l’éco-construction enfin regroupés et expliqués. Attention au mal de tête quand même.

– J’apprends avec stupéfaction que l’Ile-de-France vient seulement de mettre en service ses trois premières éoliennes. Dans le Pas-de-Calais, j’en croise tous les jours. Et non, quoi qu’en pensait son Président du Conseil général, le paysage n’est en rien défiguré.

Le bio a la cote en Belgique. Et ça même sans gouvernement.

– Cela fait longtemps que je n’ai plus évoqué le nucléaire. Alors deux petits liens : d’abord une vidéo fabuleuse de Jeremy Rifkin qui démonte le nucléaire en deux coups de cuillère à pot ; puis l’issue du marché Areva-[id-pop], qui ne se fera finalement pas, ce qui tendrait à prouver que le nucléaire et la communication responsable sont pour le moment encore incompatibles. Félicitations à [id-pop] pour leur transparence.

– Pour finir en fanfare, un clin d’œil à ceux qui me connaissent, avec une analyse sur l’empreinte carbone du whisky, et comment la réduire. No comment.

2 comments to “Revue de web #26”
  1. Merci pour le lien vers Ekitinfo. C’est vrai que l’idée d’utiliser les tweets est bonne… à condition que tout le monde ne s’y mette pas. Sinon les tweets vont devenir incompréhensibles ! A propos, communicationresponsable.fr n’a pas de compte twitter ?

    • De rien, Guillaume ! (Comme d’habitude, je ne fais des liens que quand le contenu me semble réellement d’intérêt – et si je cite souvent Ekitinfo, ce n’est pas par hasard)

      C’est une idée intéressante : quand les publicitaires devraient se battre pour garantir le plus possible la rareté des supports (meilleure attention, différentiation, pas de rejet, etc.), ils s’efforcent au contraire de coloniser chaque micro-espace pouvant devenir un support pub. Le web en est la parfaite illustration : cela commence à clignoter de partout, et c’est plutôt lassant, pour rester correct. Je suis prêt à parier sur la généralisation de cette pratique de « complément de tweets »

      Eh non, pas de gazouillis pour ce site… Il y a quelque temps, dans un article un tout petit peu polémique, j’avais expliqué pourquoi. Aujourd’hui, ma position a évolué, mais je ne m’y mets toujours pas. Je n’ai tout simplement pas le temps. Mais je ne demande qu’à être convaincu par tes arguments 😉

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